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  • Arnaud DUBOST

Boostez votre management en comprenant le pouvoir caché des biais cognitifs


Evoluant dans un monde incertain, les managers doivent chaque jour faire de nombreux choix impactés par des biais cognitifs, ces filtres subtils qui colorent notre perception et influent sur nos interactions. Bien que souvent perçus comme des entraves, ces biais, lorsqu'identifiés et gérés astucieusement, peuvent devenir des leviers d'efficacité, ouvrant la voie à une communication améliorée et une dynamique d'équipe harmonieuse pour optimiser l'efficacité managériale.


Les biais cognitifs

Schémas de pensée automatiques, souvent inconscients ou irrationnels qui influencent la manière dont nous percevons le monde, prenons nos décisions et interagissons avec les autres. Ils sont influencés par des facteurs tels que les émotions, les expériences passées et les informations disponibles.


Pourquoi les biais cognitifs sont importants en management

Car ils peuvent avoir un impact significatif sur la prise de décision, la communication et la dynamique de l'équipe.

Les managers sont quotidiennement confrontés à des situations où ils doivent prendre des décisions rapides basées sur des informations limitées. Dans ces situations, les biais cognitifs peuvent influencer inconsciemment leurs choix, conduisant parfois à des erreurs. Par exemple, un manager pourrait favoriser un collaborateur en raison d'un biais d'attractivité, ou suivre une décision populaire en raison du biais de conformité sociale. En comprenant ces biais, les managers peuvent être plus conscients de leurs propres préjugés et travailler activement pour les contrer, conduisant à une meilleure prise de décision.


Comprendre et reconnaître ces biais est donc essentiel pour prendre des décisions éclairées, communiquer efficacement et créer un environnement de travail positif.


Les principaux biais cognitifs en management


· Biais de confirmation

Rechercher, interpréter et se souvenir des informations de façon à confirmer nos croyances ou hypothèses préexistantes.


· Biais d'ancrage

S'appuyer trop fortement sur la première information rencontrée lors de la prise de décisions.


· Biais de disponibilité

Se baser sur des informations immédiatement disponibles, en particulier celles qui sont récentes ou marquantes.


· Biais d'attribution

Attribuer les succès à ses propres compétences et les échecs à des facteurs externes.


· Biais de sur-confiance

Surestimer ses propres capacités ou connaissances.


· Biais d'attractivité

Favoriser les personnes ou les idées que nous trouvons attirantes ou agréables.


· Biais de conformité sociale

Suivre l'opinion ou le comportement de la majorité.


· Biais de comparaison

Evaluer les choses en les comparant à d'autres références, souvent de manière non objective.


Identifier et contrer ses biais

Prendre conscience de ses biais cognitifs est un défi complexe car les raisons sont multiples

  • Connaissance de soi subjective et/ou insuffisante

Les biais sont la plupart du temps inconscients, ce qui signifie que nous ne sommes pas conscients de leur influence sur notre pensée et notre comportement. Cela rend difficile leur identification et leur correction.

  • Résistance au changement

Les biais cognitifs sont enracinés dans nos schémas de pensée et nos habitudes. Admettre que nous avons des biais peut être perçu comme un aveu de faiblesse ou d'erreur, ce qui peut créer une résistance au changement.

  • Complexité des situations

Dans un environnement de travail, les décisions sont souvent complexes et impliquent de nombreux facteurs. Cela peut rendre difficile de distinguer l'influence d'un biais d'autres éléments pertinents.

  • Conformisme sociale

Si tout le monde autour de vous partage un certain biais, cela peut sembler "normal" et donc plus difficile à identifier. La validation sociale à tendance à renforcer les biais existants.

  • Manque de rétroaction

Sans rétroaction objective, il est difficile de mesurer l'impact de ses biais. Dans de nombreux cas, les conséquences de décisions biaisées ne sont pas immédiatement apparentes, ce qui retarde ou empêche la prise de conscience.

  • Surcharge informationnelle

Nous sommes constamment bombardés d'informations, ce qui peut rendre difficile de prendre le temps de réfléchir de manière critique à nos propres processus de pensée.

Pour passer outre ces difficultés, il existe plusieurs solutions comme, par exemple :

  • Le questionnement quintilien (QQOQCCP) ou la méthode des « 5 Pourquoi » pour prendre du recul sur la situation (prendre le temps du recul et se distancier de la situation, à pratiquer seul ou accompagné)

  • Le feedback d’un tiers neutre qui questionne sur la situation et se positionne sur des éléments objectifs pour indiquer la décision qu’il prendrait (choisir un interlocuteur qui n’hésitera pas peur à vous contredire et qui apportera une perspective différente)

  • Pratiquer des bilans sur ses prises de décisions à intervalles réguliers pour en retirer des enseignements (tenir un journal de vos décisions importantes vous aidera à réfléchir de manière plus objective. Notez les raisons pour lesquelles vous avez pris une décision, les alternatives que vous avez considérées et comment vous vous sentez à propos de la décision. Relisez ces notes ultérieurement pour identifier les biais dans votre processus de prise de décision)

  • Apprendre à mieux se connaître avec l’analyse TMA ou autres outils de connaissance de soi (découvrir ses moteurs et talents permet de connaître ses comportements et perceptions spontanés)

  • Filtrer les informations/données essentielles pour la prise de décision (distinguer les faits de ses ressentis et opinions pour se concentrer sur les faits)


Utiliser les biais cognitifs pour renforcer son efficacité comme manager

Alors que les biais cognitifs peuvent souvent être perçus comme des obstacles à une prise de décision efficace, ils peuvent également être utilisés de manière stratégique pour renforcer l'efficacité en tant que manager.


Bien que les biais puissent conduire à des erreurs, ils peuvent aussi accélérer la prise de décision dans des situations où une action rapide est nécessaire. En comprenant quand et comment utiliser ces raccourcis cognitifs, un manager peut prendre des décisions plus rapidement tout en minimisant les risques d'erreurs.


Par exemple, en utilisant le biais d’ancrage lors de l’établissement de deadlines avec la proposition d’une échéance plus proche que nécessaire qui servira d'ancre et rendra plus acceptable une échéance ultérieure.


En utilisant le biais de confirmation, lors d’une réunion d'équipe, un manager peut utiliser des données ou des statistiques qui confirment les croyance ou intuitions de son équipe pour renforcer l'adhésion à une nouvelle stratégie.


Utiliser le biais de disponibilité pour mettre en évidence des réussites récentes lors de la présentation d'un projet, renforçant ainsi la confiance et le soutien des parties prenantes.


En utilisant le biais d'attribution lorsque vous présentez un ROI positif pour un projet spécifique, en attribuant le succès aux efforts collectifs de l'équipe et à des facteurs contrôlables, renforçant ainsi le sentiment d'efficacité collective.


Au final, les biais cognitifs constituent une opportunité au service de son management

Les biais cognitifs, bien qu'ils puissent influencer négativement la prise de décision, offrent également des opportunités pour améliorer l'efficacité en management.

En comprenant ces biais, en étant conscient de leurs effets et en utilisant des stratégies pour les contrer ou les exploiter, les managers peuvent améliorer leur prise de décision, leur communication et la dynamique de l'équipe. Il est essentiel de continuer à se former et à se sensibiliser à ces biais, et de mettre en place des processus pour minimiser leur impact.

En fin de compte, une meilleure compréhension des biais cognitifs peut conduire à un management plus éclairé et plus efficace.


Arnaud DUBOST



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