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Les entreprises doivent améliorer leurs investissements dans la formation

Il y a un décalage croissant entre les compétences des collaborateurs et celles dont les entreprises ont effectivement besoin pour tirer parti des opportunités business et préparer l’avenir.

Daniel Giffard-Bouvier, PwC

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Daniel Giffard-Bouvier, Associé PwC, spécialiste du conseil RH

 

D’après une étude mondiale réalisée par PwC, le déficit de compétences clés est cité comme le deuxième obstacle majeur à la croissance économique des entreprises (cité par 58 % des responsables interrogés), après l’augmentation de la charge fiscale (à 63 % ). Les dirigeants les plus préoccupés par la question sont ceux d’Afrique (82 % ), du Moyen-Orient (69 % ) et de la région Asie-Pacifique (64 % ). De fait, si 40 % des responsables d’Europe de l’Ouest envisagent de réduire leurs effectifs, au niveau mondial, 45 % des dirigeants prévoient d’augmenter leurs effectifs en 2013, 28 % de conserver des effectifs. Ce qui induit, globalement, un risque de déficit de compétences et de tension sur le recrutement certaines compétences clés.

Pourquoi les entreprises ont-elles du mal à recruter ?

Les entreprises font face actuellement à un décalage croissant entre les compétences de leurs collaborateurs et celles dont elles ont effectivement besoin pour tirer parti des opportunités business et préparer l’avenir. La pénurie de compétences est particulièrement présente dans les marchés qui connaissent un développement rapide, comme l’Afrique où 82 % des dirigeants disent que la disponibilité des talents est une préoccupation importante. Notre étude révèle sans surprise qu’au niveau mondial, c’est en Inde – devant la Chine – que les recrutements seront les plus forts. En termes de secteur d’activité, ce sont ceux de l’ingénierie/construction et de la distribution qui embaucheront le plus au niveau mondial.

Comment les entreprises peuvent-elles pallier ce décalage ?

Elles doivent tout d’abord mieux faire comprendre leurs enjeux et leur besoins en matière de formation initiale auprès des pouvoirs publics. L’étude de PwC révèle que selon plus de la moitié des dirigeants (57 % ), la priorité des pouvoirs publics en 2013 devrait être de former et de faciliter le développement d’un personnel qualifié. En effet, seuls 15 % d’entre eux estiment que, jusqu’à présent, les pouvoirs publics ont mis en œuvre des mesures efficaces pour la formation de personnes qualifiées. Les dirigeants les plus critiques sur ce point sont ceux basés aux Etats-Unis, au Japon, au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne.

Mais surtout, les entreprises doivent améliorer leurs propres investissements dans la formation pour mieux concilier leurs objectifs business et le maintien de l’employabilité de leurs collaborateurs. Les dirigeants l’ont compris : 61 % d’entre eux prévoient d’investir davantage dans leurs collaborateurs au cours des trois prochaines années. De fait, la formation professionnelle sera l’un des grands chantiers sociaux de la France en 2013, dans le cadre de la conférence sociale et des projets de réforme à venir.

Quels sont les autres leviers d’actions ?

La gestion des talents et la mobilité internationale également au cœur des enjeux. Ainsi, 77 % des dirigeants prévoient de modifier leur stratégie en matière de gestion des talents au cours des 12 prochains mois, en particulier au Brésil (93 % ), en Corée (90 % ) et en Afrique du Sud (89 % ). Par ailleurs, 61 % des dirigeants à travers le monde envisagent d’étendre leur vivier de leaders grâce à la mobilité internationale, considérée par 67 % des dirigeants d’Europe occidentale comme un moyen efficace de former leurs futurs responsables (contre 54 % des dirigeants en Amérique du Nord).

Par Daniel Giffard-Bouvier, Associé PwC, spécialiste du conseil RH

Les Echos Business

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