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Bureau : et si la productivité dépendait de son voisin ?

Certaines entreprises attachent énormément d'importance à la place occupée par leurs salariés.

Certaines entreprises attachent énormément d’importance à la place occupée par leurs salariés.                                            Crédits photo : Ryan McVay/Getty Images

Devrait-on installer les employés par affinités davantage que par secteur professionnel ou service ? Aux États-Unis certaines entreprises «placent» les salariés afin d’optimiser la productivité et l’ambiance entre collègues.

La répartition bien stricte par «secteurs» ou par «services» serait-elle vieux jeu? Serait-il tout aussi obsolète d’avoir un bureau et une place géographique stable dans son entreprise? C’est l’avis de certaines entreprises américaines, qui ont décidé d’organiser une déclinaison corporate des «chaises musicales» dans leurs bureaux. Les voisins de bureaux sont effectivement les collègues avec qui vous aurez le plus d’échanges pendant une journée de travail: 40 à 60% de vos échanges quotidiens, selon Ben Waber, patron de solutions sociométriques, une société basée à Boston qui utilise des capteurs afin d’analyser les modes de communication au travail. En revanche, échanger avec les personnes d’un autre open-space ou d’un autre étage est plus compliqué: seulement 5 à 10% de vos intéractions chaque jour. «Vous n’êtes susceptibles de parler à ces personnes que dans un contexte de réunion» explique Ben Waber au Wall Street Journal.

Si au cours des dernières années, les entreprises sont nombreuses à avoir opté pour des modèles de grands open-space ouverts, sans véritable attribution de siège pour chaque employé, et de multiples espaces communs qui favorisent l’échange, d’autres entreprises – notamment les start-up et les entreprises officiant dans le domaine de la technologie – vont encore plus loin: elles réfléchissent à une sorte de microgestion des places attribuées aux salariés, afin que le voisinage de chacun ne soit pas le fruit du hasard, selon le jour ou la semaine. «Cette vision des choses est également présente en France chez les start-up et chez des plus grosse structures. Le cabinet AOS Studley par exemple, est spécialisé dans l’immobilier d’entreprise, et repensent le bureau et l’espace de travail. Ils considèrent que l’environnement de travail est un vrai vecteur de performance» analyse Jean-Noël Chaintreuil, spécialiste des questions RH et fondateur de Digidust.

Choisir les voisins de bureau, un plus pour la productivité et la rentabilité?

Une agence de publicité new-yorkaise, Modco Media, a essayé de «croiser» ses services plusieurs fois ces dernières années. Pendant six mois, les comptables ont partagé leurs bureaux avec les acheteurs médias, dans le but que les uns et les autres échangent, et que chacun se familiarise avec l’univers et les compétences des autres. Résultat: l’expériences a permis à l’agence d’économiser «quelques centaines de milliers d’euros par an» selon son DG Erik Dochtermann, interrogé par le Wall Street Journal. Il a également expliqué qu’une autre configuration de sièges a contribué à l’invention de nouveaux produits. «L’idée ici est de confronter des métiers – et donc des visions – différentes des projets, qui peut faire émerger des solutions créatives car nourries par des sensibilités différentes» explique Vanessa Saragaglia, directrice du cabinet Diane Executives.

Autre exemple au sein de la société de voyages Kayak.com, où le DG profite de chaque nouvelle arrivée pour repenser intégralement la structure existante, en tenant compte de la personnalité et de l’état d’esprit de chaque salarié. Il tient également compte de leurs opinions politiques mais aussi leur ponctualité! Ainsi, une chef de produit chez Kayak.com, a intégré le département des produits mobiles, dont elle jugeait 90% des salariés «trop sages», afin de les exciter un peu. Au bout de quelques semaines, elle a réussi à faire en sorte que ses nouveaux collègues discutent entre eux, et a créer une ambiance plus dynamique. Elle a ensuite été basculée dans un autre service. «Kayak.com joue avec des contraintes très personnelles, en brassant les techniques et les comportements de chacun» note Jean-Noël Chaintreuil. «On aspire aujourd’hui à l’agilité, la créativité, l’innovation. Les évolutions des modes d’organisation représentent des tentatives de mise en œuvre concrètes de ces aspirations» conclut Vanessa Saragaglia.

Par Quentin Périnel

LE FIGARO

 

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